Interview - Mgr Durhône : "Le communalisme n'est pas dans l'ADN du Mauricien"

Nous reproduisons ci-dessous l’interview que Mgr Jean Michaël Durhône, évêque de Port-Louis, a accordée à l’hebdomadaire Week-End, sur le contenu de sa première lettre pastorale.

 

 Vous avez choisi de consacrer votre lettre pastorale intitulée Zenes, dibout pou to pei à la jeunesse. N’avez-vous rien à dire aux autres catégories sociales de Mauriciens ?


— Plusieurs raisons m’ont poussé à m’adresser à la jeunesse mauricienne. J’ai été longtemps responsable de la pastorale des jeunes au sein de l’Église catholique, et j’ai travaillé avec des mouvements, comme la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et d’autres mouvements de jeunes ailleurs dans le monde. Quand le Pape François est venu à Maurice en 2019, il avait demandé à la jeunesse de ne pas laisser les marchands de la mort acheter leurs rêves. Par ailleurs, dans le cadre du synode, le Pape réfléchit beaucoup sur la place des jeunes dans la société, et au sein de l’Église locale, nous avons réfléchi sur la place des jeunes dans les instances de réflexion et de décision. Tout cela m’a poussé à consacrer ma première lettre pastorale à la jeunesse. Ce qui ne veut pas dire que nous avons négligé les autres couches de la société. J’entends souvent dire que le jeune Mauricien est paresseux, ne veut pas travailler, faire des efforts, s’engager et ne pense qu’à s’amuser…

 

Ce qui n’est pas totalement faux…


— Sans doute. Mais est-ce qu’un jeune Mauricien n’est que cela ? Est-ce que notre point de départ sur la jeunesse en perdition, dont on se demande de quoi elle est capable, est-ce que ce point de vue général est le bon ? Est-ce que nous, adultes, n’avons pas dans ce regard que nous posons sur les jeunes une grosse nostalgie de notre époque à nous qui, dans notre souvenir en tout cas, était meilleure que celle d’aujourd’hui ?

 

En quelque sorte, votre lettre pastorale est une tentative de recadrer le regard que nous posons en général sur la jeunesse…


— Pour lui dire qu’il a un potentiel et une capacité extraordinaire qui n’est peut-être pas utilisé comme il le faudrait. Ce qui m’a fait penser à un témoignage d’un jeune des îles du Pacifique qui disait : Nous jeunes avons la force de ramer pour faire avancer le bateau, mais nous avons besoin de l’expérience de nos aînés pour le diriger, nous montrer l’horizon. Cette lettre dit également à la jeunesse que nous croyons dans son potentiel et à son apport pour faire avancer le pays. C’est pour cette raison que la lettre s’intitule Zenes, dibout pou to pei et qu’il a pour objectif d’éveiller leur conscience.

 

Votre lettre est un résumé de tout ce qu’un jeune aurait dû avoir appris de sa famille et de l’école pour devenir un bon citoyen, ce qui n’est pas le cas. C’est en quelque sorte un constat d’échec de l’éducation du jeune Mauricien ?

— Je voudrais préciser que cette lettre n’a pas été écrite comme un jugement sur une situation et que je ne me positionne pas comme un grand inquisiteur. Nous avons choisi de mettre l’accent sur le mot éveil, sur le terme éveil de la conscience parce que c’est le rôle de l’Église d’éveiller, d’éduquer, pour faire avancer en illustration une belle formule de la JOC : Avec les jeunes, par les jeunes et pour les jeunes. Les jeunes doivent être le moteur de leur propre action, accompagnés par les adultes.

 Quand vous utilisez le terme éveil de la conscience, vous y ajoutez politique…

— Ce qui ne veut pas dire que les jeunes n’ont pas une conscience politique. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut les éveiller juste pour participer aux élections, mais pour qu’ils se comprennent, pour qu’il se définissent face à la politique.

 

Est-ce que tout cela ne découle pas du constat que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, que beaucoup disent en être dégoûtés et que d’autres disent que le sujet ne les concerne pas ?

— Il est important de faire la distinction en LA politique et LE politique. Quand je parle d’éveil de la conscience politique, je me réfère à ce que les Romains affirmaient autrefois : un être humain est un être politique. C’est-à-dire que l’être humain ne peut pas comprendre son identité humaine sans se référer à une façon de vivre, de s’organiser dans la ville et la société.

 

Mais en général, le Mauricien ne différencie pas LA politique DU politique. Pour lui, c’est la même chose, et ce doit être le cas pour beaucoup de jeunes…

— Je crois que le porte d’entrée de cette lettre pastorale consiste à mettre en valeur la vie politique dans son ensemble. Nous sommes situés politiquement dès notre naissance à travers l’acte de naissance qui va nous accompagner dans toutes les étapes de notre vie : école, collège, peut-être université, travail, mariage, etc. Nous devons participer à notre niveau à la politique du pays en accomplissant les devoirs que cela implique tout en faisant respecter nos droits, et aller voter fait partie de nos devoirs.

 

Que dites-vous aux jeunes qui disent ne pas avoir l’intention d’aller voter, et on croit savoir qu’ils sont nombreux ?

— Je leur demande de réfléchir au fait qu’aller voter n’est pas seulement un devoir, mais également une action politique. Au fait que ce n’est pas un acquis de toujours, mais le résultat de combats menés pendant des années et des années. Ce n’est qu’en 1958 que le droit de vote, jusqu’alors réservé aux élites, fut octroyé à tous les Mauriciens.

 

Êtes-vous en train de dire aux jeunes, sur le droit de vote, qu’ils n’auraient pas dû l’apprendre de leurs parents, à l’école ? Cette transmission ne se fait plus ?

— C’est vrai que quand j’étais à l’école, il y avait une classe dans laquelle on enseignait le civisme. Aujourd’hui, dans le cadre du projet Kleopas, les écoles et collèges catholiques ont un programme d’Intercultural Education, qui se poursuit dans la famille et les paroisses. La famille a un rôle essentiel dans la transmission, mais il arrive que, pour différentes raisons, elle soit incapable de le faire et cet acquis de connaissances, de compétences et de valeurs, le jeune peut l’obtenir dans d’autres groupes — culturels, musicaux ou sportifs, par exemple. Parce que chaque lieu de socialisation peut être un milieu de transmission.

 

En fin de compte, le jeune Mauricien est incomplet, il a encore des choses à apprendre…

— Tout comme l’être humain, qui est toujours en apprentissage. Il n’est jamais terminé.

 

Vous avez écrit dans votre lettre : « C’est ton devoir de citoyen de t’engager à la construction de l’avenir de la société mauricienne. » Est-ce que vous avez le sentiment que le jeune Mauricien ne se sent pas concerné par la construction de la société de son pays ?

— Il faut éviter de généraliser. J’ai rencontré et je rencontre des jeunes qui participent activement à cette construction à différents niveaux de la société, que ce soit a l’école, au collège, dans des clubs ou des ONG. Je ne peux pas parler de la quantité, mais de la qualité de cet engagement que j’admire parce que moi à cet âge (17-18 ans), je n’avais pas cette audace, cet engagement, cette conviction. Ce qu’il faut ce que ces actions, ces engagements se généralisent au niveau des jeunes.

 

Vous avez dans votre lettre fait référence à la fameuse phrase « As on people, as nation, in peace justice and liberty. » Pensez-vous, comme beaucoup de personnes, que l’objectif décrit dans le Motherland est difficile à atteindre ?

— De la même manière qu’un être humain est toujours en construction, c’est la même chose pour un pays, surtout un pays jeune, comme le nôtre, où le tissu social est fragile pour les raisons que nous savons. Nous devons faire attention, parce qu’aucun pays n’est à l’abri d’une explosion sociale. Quelqu’un m’a posé cette question : est-ce que pour aller vers l’objectif « As one people, as one nation, in peace justice and liberty », nous devons aller vers le mauricianisme ou la mauricianité.

 

On aimerait bien que vous nous expliquiez la différence entre le mauricianisme et la mauricianité…

— Tous les noms en “isme” portent une idée, une idéologie, comme le socialisme, le communisme, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne se réalisent pas. Mon souci c’est que le mauricianisme ne reste qu’une belle idéologie, qui véhicule des idées, tandis que la mauricianité touche le Mauricien dans son identité. Elle intègre les expériences du vivre-ensemble, du partage — ne serait-ce qu’au niveau de la nourriture — avec les autres que le Mauricien connaît et pratique depuis l’enfance.

 

Oui, mais après, au fur et à mesure qu’ils grandissent, les chemins des enfants mauriciens divergent pour une série de raisons. Certains commencent à regarder de travers ceux avec qui ils ont joué et partagé des repas pour proclamer qu’ils sont meilleurs que les autres…

— Cela existe malheureusement. Le Pape François a déclaré que « l’école doit être un laboratoire du dialogue interreligieux et de l’expérience interreligieuse », et à cela il faudrait ajouter, à mon avis, que le dialogue de la vie est important. C’est-à-dire qu’il faut dépasser les formes de communalisme, de racisme, d’indifférence et d’ignorance de l’autre. Il faut ouvrir le dialogue avec l’autre. Quand on le fait, on ne voit pas l’autre comme une menace, comme un adversaire.

 

Vous pensez que ce dialogue existe dans la réalité ou uniquement au nouveau du discours dans les institutions ?

— Je ne parle pas au niveau des institutions, mais de ce qui se passe normalement, naturellement, au niveau de la solidarité. À chaque fois qu’il y a une catastrophe — accidents, inondations —, une maladie, des souffrances, la solidarité et le partage se mettent en place. Quand un cancer attaque une personne, il ne le fait pas en fonction de l’appartenance éthique, communaliste ou religieuse, du malade. Le Covid n’a pas choisi les gens d’une telle communauté par rapport à une autre. Quand je vais dans des hôpitaux, des malades d’autres religions que catholique me demandent de prier avec eux pour faire reculer la maladie, diminuer la souffrance : c’est ça la mauricianité. Il faut encourager les jeunes — et les adultes — à aller dans cette direction, veiller à ce que cette mauricianité existe dans le quotidien, pas seulement en cas de catastrophe, de maladies ou d’accidents. Parce qu’il faut bien le dire et je l’ai souligné dans ma lettre : le communalisme n’est pas dans notre ADN. Ce n’est pas une maladie héréditaire. Le Mauricien ne naît pas communaliste, il le devient.

 

Comment faire pour combattre cette maladie, non héréditaire, mais de plus en plus transmissible ?

— Il y a un gros travail à faire qui doit commencer dans la famille et se poursuivre à l’école.

 

Votre lettre s’adresse aux jeunes catholiques. Et les autres jeunes qui ne sont pas catholiques, comment vous allez les atteindre ?

— J’aimerais souligner une chose importante : en écrivant cette lettre, j’ai discuté de son contenu avec beaucoup de personnes, des jeunes et pas uniquement des catholiques. D’ailleurs, lors de la conférence de lancement, il n’y avait pas que des élèves des collèges catholiques qui m’entouraient, il y a des élèves de différents collèges privés et d’État. C’est une réflexion qui s’adresse à l’ensemble de la jeunesse mauricienne, et nous allons utiliser différents moyens pour leur faire parvenir la lettre, en utilisant les méthodes et outils de communication dont ils se servent.

 

On va pouvoir retrouver — plus précisément découvrir — l’évêque de Port Louis sur les réseaux sociaux, dont Tik Tok, etc. Dans cette campagne de communication, irez-vous jusqu’à faire un clip en rappant ?

— Je n’ai pas les compétences et le talent nécessaires pour faire un clip, mais si des jeunes veulent utiliser mon message pour en faire un rap, pourquoi pas ? Puisque nous nous adressons aux jeunes, il faut le faire avec leurs outils, dans leur langage et avec leur style, comme ils disent. Quand je parle des jeunes Mauriciens, je pense également aux jeunes porteurs d’un handicap. Eux aussi peuvent avoir une grande force et ont leur place dans notre société.

 

Est-ce qu’il y a aussi dans votre lettre un message pour démontrer que contrairement à ce que l’on dit, l’Église n’est pas vieille, dépassée, incapable de parler avec les jeunes et de les comprendre ?

— Il y a eu beaucoup de réflexions de l’Église et du Pape sur les jeunes et leur place dans la société. J’ai poursuivi cette réflexion avec les collaborateurs, et tout cela a débouché sur la première lettre pastorale qui parle aux jeunes, mais qui leur demande aussi de parler, de dire ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent, quels sont leurs projets. L’objectif est aussi d’ouvrir un dialogue entre les jeunes et leurs aînés pour qu’ils se respectent, s’écoutent et se valorisent, car les uns ont besoin des autres dans ce travail de construction dont nous avons parlé. C’est aussi pour moi l’occasion de mettre en application ma devise : Reçu gratuitement pour donner. Tout ce que j’ai reçu, c’est de la génération précédente, et je ne l’oublierai jamais, c’est pourquoi je préconise le respect de la tradition dans la continuité sans une rupture pour un renouveau.

 

J’ai été surpris de constater que dans votre lettre vous vous adressez aux jeunes de Maurice à ceux d’Agaléga, mais pas à ceux de Rodrigues. C’est un oubli ?

— Pas du tout. Rodrigues bénéficie aujourd’hui d’une autonomie politique et aussi religieuse, puisque depuis 2002, elle est un vicariat apostolique et vient d’avoir son évêque. Par respect pour les réalités, la jeunesse rodriguaise et son évêque, Monseigneur Moura, j’ai choisi de lui laisser le chapitre rodriguais. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de liens entre nos deux églises.

 

Vous l’avez souligné, votre lettre n’est pas adressée à la jeunesse catholique, mais à l’ensemble des jeunes Mauriciens. Mais comment est-ce que les 30% d’élèves qui, après presque dix ans d’école, ne savent ni lire ni écrire et se font recaler aux examens vont faire pour prendre connaissance de votre message ?

— Cette lettre existe également dans une version audio pour permettre à ceux qui ne savent pas lire — et ce ne sont pas seulement les 30% dont vous parlez — de l’écouter. Il suffit pour cela de download le message à travers une application. Le problème des recalés au primaire est un sujet qui a toujours préoccupé l’Église et mon prédécesseur, le Cardinal Maurice Piat. C’est au niveau des trois premières années du primaire qu’il faut attaquer le problème, à sa racine. Il faut travailler pour réduire — je n’ose pas dire éradiquer — le taux d’enfants qui ne savent ni lire ni écrire après avoir passé des années à l’école ! Nous devons arriver à une situation où tous les élèves — qui sont encore des enfants — qui quittent le cycle primaire sachent lire, écrire et compter ! Ce qui semble aujourd’hui un rêve doit devenir une réalité, et il faut nous donner les moyens de le réaliser. C’est un des éléments indispensables à la construction de notre société de demain.

 

Quand vous parlez de violence dans votre lettre, faites-vous référence aux incidents récents au cours desquels des citoyens ont pris la justice entre leurs mains contre des voleurs ?

— Au moment de la rédaction de la lettre, ce phénomène n’était pas encore apparu. Mais cette forme de justice populaire interpelle et fait peur. Même si elle exprime une forme d’exaspération des citoyens face à la délinquance, elle n’est pas justifiée : on ne peut pas répondre à la violence par la violence.

 

Vous demandez aux jeunes de ne pas rejeter le politique et d’aller accomplir leur devoir civique en allant voter. Quel est le profil du candidat idéal, selon vous ?

— Quelqu’un qui travaille pour le bien commun, l’intérêt général, qui encourage le vivre-ensemble et la mauricianité, qui est porteur d’un message de paix. Je profite de cette question pour répéter que, comme ça a toujours été le cas, l’Église ne donnera aucune consigne de vote. Il appartient à chaque Mauricien — et aux jeunes — de voter — c’est son devoir— et de le faire en suivant l’actualité, en faisant son discernement et selon sa conscience sur des questions de fond, sur l’essentiel, pas le superficiel.

 

Comme les politiciens, craignez-vous que les prochaines élections soient marquées par un fort taux d’abstention, malgré les appels des uns et des autres ?

— Il faut rappeler que le droit de vote n’est pas inné, mais a été obtenu après de longs combats. Il faut exercer ce droit. Le Cardinal Maurice Piat a souvent parlé de la responsabilité de l’électeur, et je soutiens son point de vue. Car finalement, l’électeur, qu’il vote ou pas, doit assumer les résultats de l’élection, car il aura le gouvernement qu’il a choisi ou qu’il aura laissé les autres choisir à sa place. Je pense que c’est un sujet qui mérite réflexion et invite tous les électeurs à aller voter.

 

Attendez-vous un response des jeunes à qui votre lettre est adressée ?

— Je l’espère, et il y a une adresse à laquelle ils pourront le faire en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et, s’ils le veulent, participer à des rencontres par la suite. Il y a également tout un travail de conscientisation dans les paroisses et à travers les comités de quartier qui regroupent les habitants et pas uniquement des catholiques. C’est dans cet esprit que la lettre a été publiée après le carême et Pâques pour atteindre le plus grand nombre.

 

Au début du mois de mars, nous avons interviewé la théologienne catholique mauricienne Danielle Palmyre sur la place de la femme dans les postes de décision et de responsabilité dans les religions. Elle a déclaré que malgré le fait que les femmes soient majoritaires dans le monde dans tous les domaines, elles sont minoritaires dans les postes de responsabilité, y compris dans l’Église catholique mauricienne. C’est une interview qui a suscité de nombreuses réactions. On aimerait connaître la vôtre…

— J’ai lu avec attention l’interview de Danielle Palmyre, et j’espère avoir bientôt l’occasion de discuter de son contenu avec elle. Je trouve que dans son interview, Danielle Palmyre a posé des questions qui doivent être prises au sérieux. Aujourd’hui, l’Église réfléchit sur la place de la femme dans ses instances de discernement et de responsabilité. Au niveau local, les responsables de l’Église auront bientôt une rencontre avec le clergé pour réfléchir sur l’Église de demain, sur quelle direction l’Église doit prendre dans les années à venir. Je signale que dans l’équipe de discernement du clergé, il y a autant de femmes que d’hommes. Je crois qu’aujourd’hui, l’Église est consciente que les femmes ont leur place dans les instances de décision. Savez-vous que le Pape François a nommé une femme au secrétariat du synode…

… l’exception qui confirme la règle ?

— Mais l’exception pourrait devenir la règle. Nous sommes sur cette voie.

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